Directeur e-commerce Lyon – Expert B2B/B2C | Campioni.fr
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NOM

Steve Campioni

EXPERIENCE

Directeur e-Commerce

LOCALISATION

Lyon, Auvergne-Rhône-Alpes

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Performance e-commerce : comment orchestrer tous les services pour aller vraiment loin

alignement performance e-commerce

La performance e-commerce est systémique. Elle ne se construit pas dans un seul service : elle se construit à l’intersection du marketing, du SI, du commerce, de la data, de la logistique et des RH. Les entreprises qui l’ont compris génèrent jusqu’à 10 % de croissance supplémentaire en 6 à 12 mois simplement en améliorant l’alignement inter-fonctions, selon McKinsey. Celles qui ne l’ont pas compris continuent d’optimiser chaque brique en silo, et de s’étonner que la performance globale ne suive pas.

Il y a des statistiques qui devraient provoquer une conversation dans chaque CODIR : le manque d’alignement entre le marketing et les ventes a un impact direct sur la rentabilité : selon Forrester Research, cela rallonge les cycles de vente de 30 %, tandis que McKinsey souligne que cela augmente le coût d’acquisition client de 36 % par rapport aux concurrents mieux alignés. En e-commerce, où chaque point de conversion et chaque euro de CAC compte, ce décrochage n’est pas un détail organisationnel. C’est un problème de compétitivité.

Et pourtant, la grande majorité des directions e-commerce continuent de fonctionner selon un modèle de performance silotée : le marketing optimise ses campagnes, le SI gère sa roadmap technique, la direction commerciale défend ses marges, la logistique tient ses délais, la data produit ses tableaux de bord, les RH recrutent selon leurs propres critères. Chacun performe dans son couloir. Personne ne gagne la course ensemble.

McKinsey le formule avec une clarté rare dans son framework NeXT Commerce : l’e-commerce de nouvelle génération exige une capacité de coordination massive à l’échelle de l’entreprise entière, parce que chaque partie du business, supply chain, merchandising, marketing, force de vente, est nécessaire pour délivrer l’expérience client attendue. Ce n’est pas une vision idéale. C’est une condition pour adresser ce sujet d’excellence opérationnelle.

Le mythe du e-commerce comme fonction isolée

Pendant longtemps, le e-commerce a été traité comme un projet : une équipe dédiée, un budget, une plateforme, une roadmap. Ce modèle a fonctionné tant que la vente en ligne était un canal parmi d’autres, marginal dans le mix commercial.

Ce n’est plus le cas. Selon la neuvième édition du B2B Pulse Survey de McKinsey, réalisé auprès de près de 4 000 décideurs, 71 % des entreprises B2B proposent désormais une forme d’e-commerce, et les ventes en ligne représentent 34 % du chiffre d’affaires d’une organisation type. En B2C, le e-commerce français a atteint 196 milliards d’euros en 2025 selon la FEVAD. Dans les deux cas, le canal digital est devenu structurant — ce qui signifie que sa performance conditionne celle de l’entreprise dans son ensemble.

Or, une performance structurante ne peut pas être pilotée comme un projet isolé. Elle suppose que chaque fonction de l’entreprise comprenne son rôle dans la chaîne de valeur digitale, et qu’un mécanisme d’orchestration permette à ces rôles de s’articuler efficacement.

Le problème, c’est que l’organisation de la plupart des entreprises n’a pas évolué au même rythme que la montée en puissance du digital. Les silos organisationnels coûtent cher : selon des données de SiriusDecisions, les silos entre marketing et commerce font chuter le taux de conversion lead-to-customer de 42 % en moyenne, et 82 % des entreprises gèrent les budgets marketing et commerce de façon totalement séparée, ce qui entretient une logique de territoire au détriment de la performance collective.

La question n’est pas de supprimer les fonctions — chacune a sa légitimité et son expertise. La question est de les orchestrer autour d’un objectif commun : la performance de l’expérience client de bout en bout.

Marketing : du rôle d’apporteur de trafic à celui d’architecte de l’expérience

La direction marketing est souvent la première à être rendue responsable de la performance e-commerce — et la première à être sanctionnée quand les chiffres décrochent. C’est à la fois juste et réducteur.

Juste, parce que le marketing porte effectivement les leviers d’acquisition (SEO, SEA, social, emailing, retail media), qui conditionnent le volume de trafic qualifié entrant sur le site. Réducteur, parce que l’acquisition n’est plus qu’une partie du rôle — et sans doute plus la plus stratégique.

Le rôle pivot du marketing en e-commerce s’articule aujourd’hui autour de trois dimensions indissociables.

L’acquisition de trafic qualifié. C’est la dimension la plus visible et la plus mesurée. Mais son efficacité dépend directement de l’alignement avec le commerce (quels produits mettre en avant selon les marges et les stocks ?) et avec la data (quels segments cibler en priorité selon le LTV attendu ?). Un plan d’acquisition déconnecté de la réalité commerciale génère du trafic qui ne convertit pas — ou qui convertit sur des produits sans marge.

L’expérience on-site. Le marketing est de plus en plus impliqué dans la qualité de l’expérience produit : enrichissement des fiches, personnalisation des parcours, animation promotionnelle. C’est ici que la frontière avec le SI (qui développe et maintient les fonctionnalités) et avec le commerce (qui définit les priorités merchandising) devient critique. Quand ces trois fonctions ne se parlent pas, les promotions sont mal paramétrées, les personnalisations arrivent trop tard, et les animations ratent leurs cibles.

La fidélisation et la valeur vie client. La montée en puissance du marketing automation et des CDP (Customer Data Platforms) a déplacé une partie du rôle marketing vers l’aval du funnel : nurturing post-achat, programmes de fidélité, réactivation des clients dormants. Selon une étude Forrester (2025), les entreprises e-commerce disposant d’une CDP activement utilisée enregistrent en moyenne une amélioration de 20 % de leur taux de rétention client et une réduction de 15 % de leurs coûts d’acquisition grâce à une meilleure gestion des audiences.

La zone de friction la plus fréquente avec les autres fonctions : le marketing reçoit la donnée trop tard (de la data), pas dans le bon format (du SI), et sans priorisation commerciale (du commerce). Résultat : des campagnes techniquement correctes mais stratégiquement mal ciblées.

SI & technique : l’infrastructure qui libère ou qui contraint

La direction des systèmes d’information est la fonction la plus sous-estimée dans la chaîne de valeur e-commerce — et pourtant l’une des plus déterminantes. Elle conditionne la vitesse d’exécution de toutes les autres.

Un SI bien orchestré avec les besoins e-commerce permet : des mises en ligne de fonctionnalités rapides, un tracking fiable qui alimente les décisions marketing, une intégration fluide entre la plateforme e-commerce, l’ERP, le CRM et les outils logistiques. Un SI en retard ou en dette technique transforme chaque initiative des autres fonctions en chantier : le marketing attend des développements, la data ne reçoit pas les bons événements, la logistique ne dispose pas de la visibilité stock en temps réel.

Le sujet de la dette technique est central — je l’ai détaillé dans l’article sur les signaux qui indiquent qu’une refonte UX s’impose. Mais au-delà de la dette, c’est la gouvernance du SI e-commerce qui est en jeu : comment les priorités de la roadmap technique sont-elles définies ? Qui arbitre entre les besoins du marketing, du commerce et de la logistique quand ils sont concurrents ?

Dans les organisations les plus performantes, le SI e-commerce fonctionne selon un modèle produit plutôt que projet : une roadmap continue, priorisée par la valeur business, pilotée par un product owner qui fait le lien entre les fonctions métier et les équipes techniques. Ce modèle réduit les délais d’exécution et améliore la pertinence des développements — parce que les besoins sont définis par ceux qui connaissent le terrain, pas par ceux qui écrivent les spécifications.

La zone de friction la plus fréquente : le SI reçoit des demandes de toutes parts, sans priorisation commune. Le marketing veut une nouvelle fonctionnalité de personnalisation, le commerce veut refondre le moteur de recherche interne, la logistique veut un meilleur suivi des stocks. Sans arbitrage cross-fonctionnel, le SI navigue à vue — et tout le monde se plaint des délais.

Commerce & merchandising : la donnée produit comme carburant

La direction commerciale et les équipes merchandising sont les gardiennes de ce qui fait la substance de l’offre e-commerce : le catalogue, les prix, les marges, l’animation promotionnelle. Leur rôle dans la performance digitale est souvent sous-valorisé — parce qu’il est moins visible que le marketing et moins technique que le SI.

Et pourtant, une offre mal structurée, un catalogue mal enrichi ou une politique tarifaire déconnectée du comportement digital peuvent ruiner les efforts de toutes les autres fonctions. Le trafic arrive, mais les produits ne sont pas trouvés. Les promotions sont lancées, mais sur des références en rupture. Les fiches produit existent, mais sans les attributs qui permettent le filtrage et la comparaison.

Trois contributions clés du commerce à la performance e-commerce :

La qualité et la complétude de la donnée produit. Titre, description, attributs, médias, prix, stock en temps réel : chaque donnée manquante ou approximative crée une friction dans le parcours client. La donnée produit est le carburant de toutes les fonctionnalités digitales — recommandation, recherche interne, personnalisation, SEO. Un catalogue mal renseigné dégrade l’ensemble du dispositif.

L’animation commerciale coordonnée avec les leviers digitaux. Les promotions, les mises en avant saisonnières, les opérations spéciales : leur efficacité dépend directement de la coordination avec le marketing (qui les pousse sur les canaux) et avec la logistique (qui doit absorber les pics de commandes). Une opération commerciale lancée sans coordination logistique génère des ruptures de stock et des livraisons en retard — c’est-à-dire exactement l’inverse de l’effet attendu sur la fidélisation.

La politique de prix en temps réel. Selon McKinsey (2025), les entreprises qui déploient une stratégie de pricing dynamique enregistrent en moyenne une amélioration de 2 à 7 points de leur marge brute, avec un retour sur investissement souvent inférieur à six mois. Ce levier suppose une collaboration étroite entre le commerce (qui définit les règles de pricing), la data (qui modélise les élasticités) et le SI (qui implémente les algorithmes).

La zone de friction la plus fréquente : le commerce conçoit ses opérations dans son propre calendrier, sans synchroniser avec le marketing ni avec la logistique. Les équipes digitales découvrent les promotions au dernier moment et ne peuvent pas les activer correctement sur les canaux.

Logistique & supply chain : la promesse client commence bien en amont

La logistique est la fonction e-commerce la plus sous-représentée dans les discussions stratégiques — et pourtant celle dont la défaillance est la plus immédiatement visible pour le client. Un retard de livraison, une commande manquante, un retour compliqué : ce sont les expériences qui détruisent la fidélisation, quelle que soit la qualité du site ou de la campagne.

En e-commerce, le dernier kilomètre représente jusqu’à 50 % du coût total d’expédition en raison des inefficiences d’échelle inhérentes aux livraisons individuelles. C’est à la fois le poste de coût le plus lourd et le moment de vérité le plus déterminant pour la satisfaction client.

La performance logistique dépend de deux types d’alignement inter-fonctions :

L’alignement amont avec le commerce. La logistique a besoin d’anticipation : les volumes prévisionnels, les calendriers promotionnels, les lancements de nouveaux produits. Quand ces informations arrivent trop tard ou de façon fragmentée, la logistique ne peut pas dimensionner correctement ses capacités de stockage et d’expédition. Le résultat est systématiquement le même : ruptures, délais, coûts supplémentaires.

L’alignement aval avec le marketing et la data. La performance logistique doit être mesurée avec les mêmes indicateurs que la performance commerciale : taux de livraison dans les délais promis, taux de retour par référence, coût de livraison par commande et par canal. Ces données, croisées avec les données de satisfaction client, permettent d’identifier les produits ou les zones géographiques qui génèrent structurellement des problèmes — et d’adapter l’offre commerciale en conséquence.

68 % des consommateurs attendent désormais la livraison gratuite pour les commandes inférieures à 50 euros, selon Capital One Shopping Research. Cette attente crée une pression directe sur les marges — qui ne peut être absorbée que par une optimisation conjointe de la politique tarifaire (commerce), des coûts logistiques (supply chain) et de la segmentation client (data). Aucune de ces trois fonctions ne peut y répondre seule.

Data : le carburant transversal que tout le monde réclame et que personne ne partage vraiment

La direction data — ou les équipes analytics selon la taille de l’organisation — occupe une position théoriquement centrale dans la performance e-commerce. Elle produit les tableaux de bord que tout le monde consulte, les modèles d’attribution que le marketing utilise, les prévisions de stock que la logistique attend, les analyses de marge que le commerce demande.

En pratique, elle est souvent la fonction la plus isolée de toutes.

Les silos de données coûtent aux organisations 7,8 millions de dollars par an en perte de productivité, selon Salesforce Research. Les collaborateurs passent en moyenne 12 heures par semaine à chercher des informations dans des systèmes déconnectés. En e-commerce, cette fragmentation prend des formes très concrètes : la data marketing est dans GA4, la data produit dans le PIM, la data commande dans l’ERP, la data logistique dans le WMS, la data client dans le CRM. Chaque système parle sa propre langue, et personne ne dispose d’une vue unifiée du parcours client de bout en bout.

J’ai développé dans l’article sur la gouvernance data en e-commerce le cadre nécessaire pour structurer cette gouvernance. La logique est simple à énoncer, difficile à exécuter : les données doivent être définies, collectées et activées selon des règles communes à toutes les fonctions, pas selon les conventions propres à chaque département.

Trois conditions pour que la data devienne réellement transversale :

Des définitions partagées. Qu’est-ce qu’un « client actif » ? Un « produit performant » ? Une « campagne rentable » ? Si chaque fonction répond différemment à ces questions, les réunions de pilotage commencent toujours par 20 minutes de réconciliation de chiffres — et rarement par des décisions.

Un tracking cohérent de bout en bout. Le tracking GA4 personnalisé est le prérequis technique à une lecture unifiée du parcours client. Sans lui, chaque fonction dispose de sa propre version incomplète de la réalité.

Des accès et des usages différenciés selon les fonctions. La data doit être accessible à tous — mais pas de la même façon. Les équipes opérationnelles ont besoin de dashboards temps réel sur leurs indicateurs propres. Le CODIR a besoin d’une vue synthétique sur les indicateurs de pilotage. Les équipes analytics ont besoin d’accès aux données brutes pour construire des modèles. Structurer ces accès est un enjeu de gouvernance, pas seulement de technique.

RH : structurer et faire évoluer les compétences e-commerce

Les ressources humaines sont la fonction la plus systématiquement oubliée dans les discussions sur la performance e-commerce. C’est une erreur stratégique majeure — parce que toutes les fonctions précédentes dépendent in fine de la qualité des compétences disponibles et de la capacité de l’organisation à les développer.

87 % des organisations font face à des lacunes de compétences ou s’attendent à en rencontrer dans les cinq prochaines années, selon McKinsey Research. En e-commerce, ces lacunes prennent des formes très spécifiques : pénurie de profils data analysts capables de produire des recommandations actionnables (et pas seulement des rapports), rareté des product owners capables de faire le lien entre les besoins métier et la roadmap SI, difficulté à recruter des profils marketing capables de combiner la logique créative et la lecture data.

Trois leviers RH déterminants pour la performance e-commerce :

Le recrutement ciblé sur les profils hybrides. Les profils les plus rares — et les plus précieux — en e-commerce sont ceux qui comprennent plusieurs fonctions à la fois : un traffic manager qui comprend la logique produit, un data analyst qui parle le langage du commerce, un chef de projet SI qui comprend les enjeux UX. Ces profils hybrides sont les nœuds de connexion naturels entre les silos — ils créent de la fluidité sans qu’on ait à le leur demander.

La formation continue aux enjeux transversaux. Les équipes e-commerce évoluent dans un environnement qui change rapidement : nouveaux outils IA, nouvelles réglementations (RGPD, accessibilité numérique), nouveaux comportements d’achat. La formation ne peut pas être pensée fonction par fonction — elle doit intégrer des modules transversaux où les équipes marketing, SI, commerce et data apprennent ensemble les enjeux communs.

L’intégration des e-commerce managers dans les instances de gouvernance. L’une des décisions RH les plus structurantes pour la performance e-commerce est organisationnelle : où siège le directeur e-commerce dans l’organigramme ? S’il rapporte à la direction marketing, il aura du mal à peser sur les décisions SI et logistique. S’il rapporte directement à la direction générale, il peut jouer le rôle d’orchestrateur que sa fonction exige. Chez Mars Petcare, le DG e-commerce a explicitement intégré des équipes digitales dans chaque fonction de l’entreprise — supply chain, product management, ventes — pour créer les capacités transversales nécessaires à la performance.

Le modèle d’orchestration : rituels, indicateurs partagés et gouvernance

Identifier le rôle de chaque fonction est nécessaire. Mais sans un modèle d’orchestration concret, ces rôles restent théoriques. Voici les trois piliers opérationnels qui font la différence entre une organisation qui parle de transversalité et une qui la pratique.

1. Des indicateurs partagés, pas des KPIs par silo

Le premier acte d’orchestration est de définir 3 à 5 indicateurs de performance communs à toutes les fonctions — des indicateurs sur lesquels chaque direction est mesurée, quelle que soit sa contribution propre. Le taux de conversion global, le coût d’acquisition client, le taux de rétention à 90 jours, la marge nette par commande : ces indicateurs systémiques créent une incitation naturelle à la collaboration. Quand le marketing est aussi évalué sur la marge (et pas seulement sur le trafic), il commence à se coordonner spontanément avec le commerce sur la sélection des produits mis en avant.

Comme je l’ai développé dans l’article sur le pilotage ROI marketing, la qualité des indicateurs de décision est directement liée à la qualité des arbitrages inter-fonctions. Des KPIs silotés produisent des optimisations silotées.

2. Des rituels de coordination réguliers et décisionnels

La coordination inter-fonctions ne se fait pas spontanément — elle s’organise. Les formats les plus efficaces que nous observons dans les directions e-commerce matures :

La revue hebdomadaire de performance transverse (30 à 45 minutes) : marketing, commerce et data autour des indicateurs communs. Pas pour commenter, pour décider. Quelle référence en rupture faut-il retirer des campagnes ce matin ? Quel canal sous-performe et doit être réalloué cette semaine ?

La revue mensuelle d’arbitrage roadmap : marketing, SI et commerce définissent ensemble les priorités du mois sur la roadmap technique. Chaque demande est évaluée selon son impact sur les indicateurs partagés — pas selon le poids politique de la fonction qui la formule.

La revue trimestrielle de stratégie : l’ensemble des fonctions, incluant la logistique et les RH, fait le point sur les tendances de fond, les projets structurants et les évolutions d’organisation nécessaires.

3. Un pilote de l’orchestration clairement identifié

La transversalité sans responsable est un vœu pieux. L’orchestration de la performance e-commerce doit être la responsabilité explicite d’une personne — directeur e-commerce, chief digital officer, ou directeur de la transformation — qui dispose de la légitimité et du niveau hiérarchique pour arbitrer entre les fonctions.

Gartner le formule clairement dans sa vision à 5 ans du commerce digital : la performance passe par la mise du client au centre des produits, des services et des expériences, en supprimant les contraintes organisationnelles et en construisant des ponts entre les silos organisationnels, opérationnels et technologiques. Ces ponts ne se construisent pas seuls — ils ont besoin d’un architecte.

La performance e-commerce n’est pas le résultat d’une fonction bien optimisée. C’est le résultat d’un système bien orchestré. Marketing, SI, commerce, logistique, data, RH : chaque fonction contribue à la chaîne de valeur — et chaque rupture dans cette chaîne coûte des points de conversion, des euros de marge et des clients perdus.

Les organisations qui ont franchi ce cap partagent trois caractéristiques : elles mesurent la performance avec des indicateurs communs à toutes les fonctions, elles ont instauré des rituels de coordination décisionnels (pas seulement informationnels), et elles ont nommé un pilote de l’orchestration avec la légitimité nécessaire pour arbitrer.

Seul on peut optimiser vite. Ensemble, on performe durablement.

FAQ - Toutes les questions autour de l'alignement des fonctions transverses

Parce que l’expérience client de bout en bout — de la publicité à la livraison, en passant par la navigation sur le site et le service après-vente — mobilise des compétences et des décisions qui appartiennent à des fonctions différentes. Une seule direction ne peut pas contrôler l’ensemble de cette chaîne.

L’absence de définitions communes de la performance. Quand chaque fonction mesure le succès avec ses propres KPIs, les réunions de pilotage deviennent des débats sur les chiffres plutôt que des lieux de décision. Ce dysfonctionnement seul peut expliquer 30 à 40 % de la perte de performance collective.

Par les indicateurs, pas par l’organigramme. Définir 3 à 5 KPIs communs à toutes les fonctions et instaurer une revue hebdomadaire transverse suffit souvent à créer une dynamique de collaboration — sans toucher à la structure.

Un directeur e-commerce ou CDO avec un reporting direct à la direction générale, une légitimité cross-fonctionnelle, et la capacité à arbitrer entre des besoins concurrents. Sans ce niveau hiérarchique, l’orchestration reste théorique.

Comparez les indicateurs systémiques (taux de conversion global, CAC, LTV) avant et après la mise en place des rituels d’orchestration. McKinsey indique qu’une amélioration même modérée de l’alignement inter-fonctions génère une croissance de 5 à 10 % du chiffre d’affaires en 6 à 12 mois.

Les deux modèles fonctionnent, mais le modèle hybride est le plus robuste : une équipe e-commerce centrale qui porte la vision, la gouvernance et les indicateurs partagés, combinée à des relais digitaux dans chaque fonction (marketing, commerce, logistique, SI) qui assurent la traduction opérationnelle.

Les principes sont les mêmes, mais les fonctions impliquées diffèrent. En B2B, la force de vente terrain est une partie prenante centrale de la performance digitale — son alignement avec les équipes e-commerce est souvent le premier chantier à adresser. En B2C, c’est souvent l’alignement marketing-logistique qui est le plus critique sur les pics d’activité.

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