Directeur e-commerce Lyon – Expert B2B/B2C | Campioni.fr
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NOM

Steve Campioni

EXPERIENCE

Directeur e-Commerce

LOCALISATION

Lyon, Auvergne-Rhône-Alpes

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Cashback e-commerce : fraude, arnaques et dangers – ce que les plateformes ne vous disent pas

cashback e-commerce

« Gagnez jusqu’à 20% de cashback sur vos achats ! » La promesse est séduisante. Presque trop belle pour être vraie. Et pour cause : derrière les taux mirobolants affichés par les plateformes de cashback se cache une réalité bien moins reluisante. Prélèvements abusifs, tracking défaillant, liquidations judiciaires, rappels à l’ordre de la DGCCRF… Le marché français du cashback, estimé à plus d’1 milliard d’euros de transactions en 2024, est devenu un terrain miné pour les consommateurs.

En avril 2024, le groupe Indexia — maison-mère d’eBuyClub et Poulpeo, deux des principales plateformes françaises — était placé en liquidation judiciaire. Motif : 11,76 millions d’euros de dettes sociales impayées et des centaines de consommateurs victimes de prélèvements frauduleux. En parallèle, iGraal, le leader du secteur avec 6 millions de membres, faisait l’objet d’un rappel à l’ordre de la DGCCRF pour pratiques commerciales trompeuses.

Pourtant, selon une étude IPSOS pour Rakuten France réalisée en 2024, 48% des Français utilisent au moins un programme de cashback, ce chiffre montant à 70% chez les 16-34 ans. Le cashback est devenu un réflexe d’achat. Mais à quel prix ? Entre promesses non tenues, arnaques organisées et zones d’ombre juridiques, cette enquête décrypte les dérives d’un secteur où l’appât du gain côtoie trop souvent la fraude.

Les chiffres qui donnent le vertige

Le cashback n’est plus un phénomène marginal. C’est devenu un marché structuré, avec ses leaders, ses millions d’utilisateurs, et surtout ses milliards d’euros en jeu.

Un marché en forte croissance

Selon une étude de ResearchAndMarkets publiée en octobre 2024, le marché français du cashback devrait passer de 7,48 milliards de dollars en 2023 à 15,35 milliards de dollars en 2029, soit un taux de croissance annuel de 12,4%. Cette explosion s’explique par trois facteurs :

  1. La démocratisation du e-commerce : avec 175,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2024 (FEVAD), le e-commerce français continue de croître (+9,3% vs 2023), entraînant mécaniquement la progression du cashback.
  2. L’entrée des banques dans la bataille : BoursoBank, Société Générale, La Banque Postale, Revolut… Les établissements bancaires traditionnels proposent désormais leurs propres programmes de cashback, légitimant le secteur auprès du grand public.
  3. Le cashback automatique par carte bancaire : des applications comme Joko (1,2 million d’utilisateurs revendiqués) permettent de cumuler du cashback sans passer par un site tiers, simplifiant radicalement l’expérience.

Les acteurs dominants

iGraal : leader historique racheté par M6 en 2016 pour 12 millions d’euros, revendique 6 millions de membres. La plateforme propose plus de 1 600 marchands partenaires.

eBuyClub et Poulpeo : propriétés du groupe Plebicom (lui-même filiale du controversé groupe Indexia), totalisaient environ 5 millions d’utilisateurs avant la liquidation judiciaire d’avril 2024.

Joko : la nouvelle génération du cashback automatique, connectée directement à la carte bancaire. Fondée en 2018, l’application revendique plus de 1,2 million d’utilisateurs.

BoursoBank : lancé en 2020, le programme de cashback de la banque en ligne compte aujourd’hui près de 150 enseignes partenaires, dont Amazon. L’avantage : le cashback est versé directement sur le compte Bourso, sans minimum de retrait.

Des gains théoriques… Mais des déceptions réelles

Selon les estimations du secteur, un utilisateur actif régulier de cashback récupère en moyenne entre 100 et 300 euros par an. Certains power users dépassent les 1 000 euros annuels en cumulant plusieurs plateformes et en optimisant leurs achats. Mais cette moyenne cache une réalité plus nuancée : la majorité des inscrits ne touchent jamais leur cagnotte, soit parce qu’ils oublient de l’encaisser, soit parce qu’ils n’atteignent jamais le seuil minimum de retrait (10 à 20 euros selon les plateformes).

Et c’est précisément dans cet écart entre promesse et réalité que se nichent les premières dérives du secteur.

L’affaire Indexia : quand le cashback vire au cauchemar

Si une affaire illustre les dérives du secteur, c’est bien celle du groupe Indexia. Comme Shein et Temu, Indexia a prospéré dans les zones grises réglementaires. Cette nébuleuse d’entreprises, créée par l’homme d’affaires Sadri Fegaier, était devenue un empire de la vente d’assurances affinitaires et du cashback avant de s’effondrer spectaculairement en 2024.

Un empire bâti sur le sable

Le groupe Indexia (anciennement SFAM) commercialisait des assurances pour téléphones mobiles et équipements multimédias, tout en opérant deux des principales plateformes de cashback françaises : eBuyClub et Poulpeo, via sa filiale Plebicom. Sur le papier, le modèle économique semblait vertueux : fournir des bons d’achat remisés aux plateformes de cashback (y compris Joko, iGraal et d’autres concurrents) pour générer du trafic vers les marchands partenaires.

Sauf que derrière cette façade, le groupe multipliait les pratiques douteuses : souscriptions d’assurance à l’insu des clients, résiliations impossibles malgré les demandes répétées, prélèvements mensuels qui se poursuivaient des mois après la demande de rupture contractuelle. Résultat : des milliers de consommateurs piégés, des plaintes en cascade, et une enquête de la DGCCRF qui durera cinq ans.

La chute en trois actes

Acte 1 : la transaction pénale de 2019. Face aux premières accusations de pratiques commerciales trompeuses, le groupe Indexia accepte de payer 10 millions d’euros pour éviter un procès. Cette somme colossale aurait dû servir d’avertissement. Pourtant, les pratiques continuent.

Acte 2 : la suspension d’activité en 2023. Le 25 avril 2023, l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) suspend l’immatriculation de distribution de contrats d’assurance d’Indexia. Motif : non-respect des exigences légales et réglementaires. Les assureurs partenaires MMA et Axeria IARD rompent leur contrat. Sans produits d’assurance à vendre, le groupe perd sa principale source de revenus.

Acte 3 : la liquidation judiciaire de 2024. Le 24 avril 2024, la SFAM (société opérationnelle principale du groupe) est placée en liquidation judiciaire par le tribunal de commerce de Paris, à la demande de l’URSSAF Rhône-Alpes qui réclamait 11,76 millions d’euros de cotisations sociales impayées. Un mois plus tard, le 22 mai 2024, c’est l’ensemble du groupe Indexia qui bascule en liquidation : Indexia Group (la holding), Hubside (magasins de smartphones), Hubside Recycle, et une dizaine d’autres filiales.

Plus de 1 200 victimes en quête de justice

Selon Me Emma Léoty, avocate de près de 500 plaignants, plus de 1 200 consommateurs ont déposé une déclaration de créance auprès du liquidateur judiciaire, représentant 5 à 6 millions d’euros de préjudices. Certains clients ont été prélevés pendant des années sans jamais avoir souscrit consciemment à un quelconque contrat. D’autres ont vu leur demande de résiliation ignorée pendant des mois, voire des années, les prélèvements continuant malgré leurs réclamations répétées.

Pire encore : même après la liquidation judiciaire d’avril 2024, de nombreux témoignages signalent des prélèvements persistants via des sociétés écrans belges comme Equestrian Cup, soupçonnée d’avoir récupéré illégalement le fichier client de Serena (une autre filiale d’Indexia). En mai 2025, l’UFC-Que Choisir dépose une nouvelle plainte pour escroquerie, abus de confiance, faux et usage de faux, et association de malfaiteurs.

La condamnation inédite de décembre 2024

Le 17 décembre 2024, le tribunal correctionnel de Paris prononce un verdict historique : Sadri Fegaier, le PDG d’Indexia, est condamné à deux ans de prison dont 16 mois ferme et 300 000 euros d’amende. Six sociétés du groupe écopen d’amendes allant de 150 000 à 1,5 million d’euros. C’est la première fois en France qu’une peine de prison ferme est prononcée pour des pratiques commerciales trompeuses relevant du Code de la consommation. Un signal fort… mais qui intervient trop tard pour les milliers de victimes.

iGraal, eBuyClub, Poulpeo : quand les leaders sont rappelés à l’ordre

L’affaire Indexia n’est pas un cas isolé. Même les acteurs réputés « sérieux » du secteur ont été épinglés pour des pratiques douteuses. En 2023, selon l’article Wikipédia sur le cashback, iGraal, Poulpeo et eBuyClub ont été rappelés à l’ordre par la DGCCRF. Les motifs ? Pratiques commerciales trompeuses, manque de transparence sur les conditions de cashback, et promesses non tenues.

Les pratiques épinglées

Taux de cashback calculés hors taxes : la DGCCRF a relevé que de nombreuses plateformes affichent des taux de cashback calculés sur le montant HT des achats, alors que le consommateur paie TTC. Un taux affiché à 8% peut donc se transformer en 6,67% réel (sur un panier TTC à 20% de TVA). Cette pratique, bien que légale si elle est clairement expliquée, est jugée trompeuse lorsque les conditions générales restent floues.

Exclusions non signalées :
cartes cadeaux, produits soldés, achats sur marketplace tiers (vendeurs Amazon Marketplace par exemple), utilisation de codes promo externes… La liste des exclusions peut être longue, mais elle est rarement mise en avant lors de l’activation du cashback. Résultat : le consommateur découvre a posteriori que son achat n’était pas éligible.

Délais de validation opaques : certaines plateformes affichent des délais de validation de 90 jours, voire plus, sans explication claire. Cette attente crée une frustration et favorise l’oubli : combien d’utilisateurs perdent la trace de leur cagnotte après trois mois ?

Tracking défaillant : le cashback repose sur un système de cookies et de tracking publicitaire. Si le cookie est effacé, si le navigateur bloque les traceurs, ou si l’utilisateur change d’appareil entre l’activation du cashback et l’achat, la transaction n’est pas comptabilisée. Les plateformes rejettent alors la responsabilité sur le consommateur, qui perd son cashback.

Le cas BoursoBank : plus transparent, mais pas parfait

BoursoBank (ex-Boursorama) est souvent cité comme l’exemple de cashback « propre » : pas de seuil minimum de retrait, versement automatique sur le compte bancaire, taux souvent supérieurs à ceux d’iGraal ou eBuyClub. Mais là encore, des clients signalent des dysfonctionnements : cashback non crédité malgré le respect des conditions, service client difficile à joindre, délais de traitement qui s’allongent en période de promotion.

La réalité, c’est que le cashback repose sur une infrastructure technique complexe et fragile. Et quand ça ne fonctionne pas, c’est toujours le consommateur qui trinque.

Les cinq arnaques les plus courantes

Au-delà des dérives institutionnelles, le secteur du cashback est devenu un terreau fertile pour les arnaques de toute sorte. Voici les cinq pièges les plus fréquents, identifiés à partir de centaines de témoignages sur les forums d’entraide consommateurs et les groupes Facebook dédiés.

  1. Le faux cashback : l’arnaque du tracking fantôme

Vous activez le cashback sur la plateforme, vous réalisez votre achat, et… rien. Aucun cashback n’apparaît dans votre cagnotte. Vous contactez le service client, qui vous répond que le tracking n’a pas fonctionné et qu’il est donc impossible de vous créditer. Motif invoqué : cookie effacé, bloqueur de publicité activé, achat réalisé via l’application mobile du marchand (et non via le navigateur).

La réalité : le système de tracking par cookies est effectivement fragile, mais certaines plateformes en profitent pour rejeter systématiquement les réclamations. Résultat : vous avez acheté en pensant récupérer du cashback, mais vous ne toucherez jamais rien.

  1. Les conditions cachées : l’illusion du taux affiché

Une plateforme affiche « 15% de cashback » sur un site marchand. Vous réalisez un achat de 100 euros TTC et vous vous attendez à récupérer 15 euros. Surprise : vous ne touchez que 10 euros. Pourquoi ? Parce que le taux était calculé sur le HT (83,33 euros), que les frais de livraison étaient exclus, et que les produits en promotion ne sont pas éligibles (information enterrée dans les CGU).

  1. Le compte gelé : l’impossibilité de retirer

Vous atteignez enfin le seuil minimum de retrait (10 ou 20 euros selon les plateformes). Vous demandez le virement… et votre compte est soudainement gelé. Motif : « activité suspecte », « non-respect des CGU », « utilisation de VPN ». Le service client reste injoignable ou vous renvoie vers des procédures kafkaïennes. Résultat : vous ne toucherez jamais votre argent.

Témoignage anonyme (groupe Facebook « Entraide victimes cashback », mars 2024) : « J’avais 87 euros sur mon compte Poulpeo. J’ai demandé le virement en février 2024. Mon compte a été bloqué pour ‘activité anormale’. Impossible de joindre le service client. Trois mois plus tard, le groupe Indexia était en liquidation. Je n’ai jamais revu cet argent. »

  1. Les prélèvements non autorisés : le piège des offres partenaires

Certaines plateformes de cashback proposent des « offres bonus » : répondre à un sondage, tester un service gratuitement, s’inscrire à une newsletter… En échange, vous recevez quelques euros de cashback. Le problème : pour activer l’offre, vous devez parfois fournir vos coordonnées bancaires « pour vérification ». Quelques semaines plus tard, vous découvrez des prélèvements mensuels de 9,99 euros ou 14,99 euros sur votre compte.

Le mécanisme : vous avez souscrit sans le savoir à un abonnement caché dans les conditions générales de l’offre bonus. C’était exactement le modèle de la SFAM/Indexia : des souscriptions à l’insu du consommateur, déguisées en offres promotionnelles.

  1. La fausse plateforme : les clones frauduleux

Avec le succès du cashback, des sites frauduleux se créent pour ressembler à s’y méprendre aux plateformes légitimes. Exemple : « iGraa1.com » au lieu de « iGraal.com », ou « eBuy-Club.fr » au lieu de « eBuyClub.fr ». Ces clones collectent vos données bancaires et personnelles, et disparaissent quelques semaines plus tard.

Cashback bancaire vs plateformes : qui est vraiment fiable ?

Face aux dérives des plateformes spécialisées, de plus en plus de consommateurs se tournent vers les cashbacks bancaires : BoursoBank, Société Générale, La Banque Postale, Revolut, Fortuneo… Ces programmes présentent plusieurs avantages théoriques : pas de seuil minimum de retrait (ou très bas), versement direct sur le compte bancaire, réputation institutionnelle.

Les avantages du cashback bancaire

Simplicité : le cashback est automatiquement crédité sur votre compte Bourso/SG/BNP sans démarche supplémentaire.

Transparence : les banques affichent généralement des taux plus clairs et des conditions moins alambiquées que les plateformes spécialisées.

Sécurité : une banque régulée par l’ACPR présente plus de garanties qu’une startup du cashback dont le modèle économique repose uniquement sur les commissions d’affiliation.

Les limites

Catalogue limité : BoursoBank propose environ 150 enseignes, là où iGraal en affiche plus de 1 600. Si vous cherchez du cashback sur des sites de niche, vous ne le trouverez pas chez les banques.

Taux souvent inférieurs : sur certains marchands, les taux bancaires sont moins élevés que ceux des plateformes spécialisées (mais attention aux taux boostés temporaires qui cachent des conditions draconiennes).

SAV parfois décevant : même chez les banques, les clients rapportent des cashbacks non crédités, des délais qui s’allongent, et un service client peu réactif en période de forte affluence (Black Friday, soldes…).

La position de la DGCCRF : entre tolérance et répression

La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) surveille le secteur du cashback depuis plusieurs années. Son bilan 2024, publié en mars 2025, dresse un constat sans appel : 105,3 millions d’euros de sanctions prononcées sur l’année 2024, tous secteurs confondus, dont une part significative dans le domaine des pratiques commerciales trompeuses liées au e-commerce et aux services financiers.

Les rappels à l’ordre

En 2023, la DGCCRF a rappelé à l’ordre iGraal, Poulpeo et eBuyClub pour pratiques commerciales trompeuses. Les griefs portaient sur le manque de transparence des conditions de cashback, l’affichage de taux trompeurs, et les difficultés de résiliation des comptes. Ces rappels à l’ordre n’ont pas donné lieu à des amendes immédiates, mais constituent un avertissement formel.

Le cas emblématique de SFAM/Indexia

L’enquête de la DGCCRF sur le groupe Indexia a duré cinq ans (2019-2024). Elle a abouti à la transaction pénale de 10 millions d’euros en 2019, puis au procès de septembre-octobre 2024, et enfin à la condamnation historique de décembre 2024. Cette affaire a marqué un tournant : pour la première fois, un dirigeant écope de prison ferme pour pratiques commerciales trompeuses.

La leçon : la DGCCRF dispose désormais d’un arsenal répressif renforcé, et le secteur du cashback est désormais sous surveillance accrue.

Les dark patterns, autre fléau du e-commerce sanctionné par la DSA.

Comment se protéger : la checklist du consommateur averti

Face à ce paysage parsemé d’embûches, voici sept règles d’or pour utiliser le cashback en limitant les risques.

  1. Vérifier la réputation de la plateforme

Avant de vous inscrire, consultez les avis sur Trustpilot, les forums comme Dealabs, et les groupes Facebook d’entraide consommateurs. Une plateforme avec une note inférieure à 3/5 sur Trustpilot ou avec de nombreuses plaintes non résolues est à éviter.

  1. Lire les conditions générales (oui, vraiment)

Cherchez spécifiquement les informations suivantes : le taux de cashback est-il calculé sur HT ou TTC ? Quels sont les délais de validation ? Quels produits sont exclus ? Quel est le seuil minimum de retrait ? Si ces informations ne sont pas claires, passez votre chemin.

  1. Utiliser une carte bancaire virtuelle

Pour éviter les prélèvements abusifs, utilisez une carte bancaire virtuelle à usage unique (proposée par Revolut, N26, ou même votre banque traditionnelle). Ainsi, même si vos coordonnées sont compromises, aucun prélèvement ultérieur ne sera possible.

  1. Capturer des preuves systématiquement

Faites des captures d’écran à chaque étape : activation du cashback, confirmation de la transaction, email de validation. En cas de litige, ces preuves seront indispensables pour contester un cashback non crédité.

  1. Privilégier les cashbacks bancaires pour les gros achats

Pour un achat important (électroménager, high-tech…), préférez le cashback bancaire (BoursoBank, SG…) plutôt qu’une plateforme spécialisée. Les banques offrent plus de garanties juridiques et financières.

  1. Ne jamais donner ses coordonnées bancaires pour une « offre bonus »

Si une plateforme vous demande vos coordonnées bancaires pour activer une offre promotionnelle ou un bonus de bienvenue, c’est un drapeau rouge. Les vrais cashbacks ne nécessitent pas de CB pour créditer votre cagnotte.

  1. Réclamer rapidement en cas de problème

Si un cashback n’est pas crédité sous 48h (pour les achats en magasin) ou 7 jours (pour les achats en ligne), contactez immédiatement le service client avec vos preuves. Si aucune réponse sous 15 jours, signalez sur Signal Conso (plateforme officielle de la DGCCRF) et déposez une réclamation auprès de l’UFC-Que Choisir.

Pour les e-commerçants, découvrez comment utiliser le cashback de manière éthique.

Le cashback, miroir d’un e-commerce sous tension

Le cashback n’est ni un miracle ni une arnaque systématique. C’est un outil marketing comme un autre, avec ses avantages (stimulation de l’achat, fidélisation) et ses dérives (opacité, promesses non tenues, fraudes). Mais ce secteur cristallise les tensions du e-commerce contemporain : course au taux le plus élevé, opacité des modèles économiques, et asymétrie d’information entre consommateurs et plateformes.

L’affaire Indexia a révélé l’ampleur des dégâts possibles : des milliers de victimes, des millions d’euros perdus, et une confiance durablement érodée. Les rappels à l’ordre de la DGCCRF montrent que même les acteurs réputés sérieux ne sont pas à l’abri de pratiques douteuses.

Pour les consommateurs, le message est clair : le cashback peut être un bon plan, mais à condition de rester vigilant, de lire les conditions, et de privilégier les acteurs régulés (banques) pour les achats importants.

Pour les e-commerçants, la leçon est tout aussi importante : le cashback ne doit pas devenir un artifice pour masquer l’absence de valeur ajoutée. Dans un marché où la confiance est le premier actif stratégique, toute pratique quimine cette confiance est un pari perdant à long terme.

En 2026, le cashback reste un levier puissant. Mais son avenir dépendra de la capacité du secteur à se réguler, à gagner en transparence, et à placer l’intérêt du consommateur au centre. Faute de quoi, la défiance finira par avoir raison d’un marché qui pèse plus d’un milliard d’euros.

FAQ - Tout ce que vous devez savoir sur le cashback

Oui, le cashback est parfaitement légal en France. C’est une technique marketing basée sur l’affiliation qui permet aux consommateurs de récupérer un pourcentage de leurs achats. Cependant, les plateformes de cashback doivent respecter le Code de la consommation et garantir la transparence des conditions (taux calculés HT ou TTC, exclusions, délais de versement). La DGCCRF surveille le secteur et a déjà rappelé à l’ordre plusieurs acteurs majeurs comme iGraal, eBuyClub et Poulpeo pour pratiques commerciales trompeuses.

Les cinq arnaques les plus courantes sont : (1) le faux cashback où le tracking ne fonctionne pas et la plateforme refuse de créditer, (2) les conditions cachées avec des taux affichés trompeurs (calculés HT au lieu de TTC), (3) le compte gelé au moment du retrait avec des motifs flous, (4) les prélèvements non autorisés suite à des offres bonus nécessitant vos coordonnées bancaires, et (5) les fausses plateformes qui clonent les sites légitimes pour voler vos données. L’affaire Indexia/SFAM en 2024 a révélé des prélèvements abusifs touchant plus de 1 200 victimes pour 5 à 6 millions d’euros de préjudices.

Oui, généralement. Les cashbacks bancaires (BoursoBank, Société Générale, La Banque Postale, Revolut) présentent plusieurs avantages : versement direct sur le compte bancaire, pas de seuil minimum de retrait ou très bas, transparence accrue des conditions, et régulation par l’ACPR. Cependant, le catalogue d’enseignes est souvent plus limité (150 chez BoursoBank vs 1 600 chez iGraal) et les taux peuvent être légèrement inférieurs. Pour les achats importants, privilégiez les cashbacks bancaires pour plus de sécurité.

Si votre cashback n’apparaît pas sous 48h (achats en magasin) ou 7 jours (achats en ligne), contactez immédiatement le service client avec vos preuves (captures d’écran de l’activation, confirmation de transaction, email de validation). Si aucune réponse sous 15 jours, signalez sur Signal Conso, la plateforme officielle de la DGCCRF (signal.conso.gouv.fr), et déposez une réclamation auprès de l’UFC-Que Choisir. Conservez systématiquement toutes vos preuves pour pouvoir contester.

Le groupe Indexia (anciennement SFAM), propriétaire d’eBuyClub et Poulpeo via sa filiale Plebicom, a été placé en liquidation judiciaire en avril-mai 2024 pour plusieurs raisons : 11,76 millions d’euros de cotisations sociales impayées à l’URSSAF, suspension de l’autorisation de distribution d’assurance par l’ACPR en 2023, et surtout des pratiques commerciales trompeuses massives (souscriptions à l’insu des clients, résiliations impossibles, prélèvements abusifs). Le PDG Sadri Fegaier a été condamné en décembre 2024 à 2 ans de prison dont 16 mois ferme, une première en France pour des pratiques commerciales trompeuses.

Un utilisateur actif régulier de cashback récupère en moyenne entre 100 et 300 euros par an, selon les estimations du secteur. Les power users qui cumulent plusieurs plateformes et optimisent leurs achats peuvent dépasser 1 000 euros annuels. Cependant, cette moyenne cache une réalité moins reluisante : la majorité des inscrits ne touchent jamais leur cagnotte, soit par oubli, soit parce qu’ils n’atteignent pas le seuil minimum de retrait (10 à 20 euros). Les taux moyens de cashback varient entre 3% et 10%, pouvant atteindre 20% lors d’opérations spéciales.

Joko, fondée en 2018 et comptant plus de 1,2 million d’utilisateurs, propose un modèle de cashback automatique par connexion de la carte bancaire, ce qui simplifie l’expérience utilisateur. L’application affiche généralement de bons avis sur Trustpilot (environ 4/5). Cependant, comme toute plateforme de cashback, elle présente des limites : tracking parfois défaillant, cashbacks non crédités dans certains cas, et service client variable selon les périodes. Pour les achats importants, il reste préférable de privilégier les cashbacks bancaires régulés. Joko se fournit en bons d’achat auprès de Plebicom (groupe Indexia), ce qui a pu créer des inquiétudes lors de la liquidation de ce dernier en 2024.

Pour vérifier la fiabilité d’une plateforme de cashback, suivez cette checklist : (1) consultez les avis sur Trustpilot (minimum 3/5) et les forums consommateurs comme Dealabs, (2) lisez attentivement les CGU pour identifier les exclusions et conditions de retrait, (3) vérifiez si la plateforme affiche clairement si les taux sont calculés HT ou TTC, (4) recherchez d’éventuels rappels à l’ordre de la DGCCRF, (5) testez le service client avant tout achat important, (6) privilégiez les acteurs historiques (iGraal depuis 2006, eBuyClub depuis 2000) ou régulés (banques), et (7) évitez les plateformes qui demandent vos coordonnées bancaires pour activer un bonus de bienvenue.

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